Que pouvons-nous faire pour assurer un avenir florissant à CBC/Radio-Canada ?

La chose la plus importante que chacun-e de nous puisse faire est de parler de l’importance de la radiodiffusion publique – d’en parler à chaque personne de notre entourage, une à la fois.

La radiodiffusion publique, ça concerne le pays dans lequel nous souhaitons vivre – ça concerne la société que nous souhaitons bâtir ensemble. Ça concerne nos valeurs et nos priorités.

Et ça nous renvoie indiscutablement à la nécessité d’agir.

La guilde canadienne des médias considère qu’au Canada, un système médiatique de qualité au service de tous les Canadiens doit absolument inclure un radiodiffuseur public solide au niveau national.

Nous devons faire clairement ressortir le lien entre les investissements publics dans la programmation et les services de CBC/Radio-Canada, et les retombées positives de ces investissements pour le Canada et les Canadiens.

Une radiodiffusion publique digne de ce nom permet un accès universel à un journalisme, des informations et une programmation culturelle de qualité – sans égard à la situation géographique, à la position sociale et aux moyens financiers des membres du public.

Kelly Toughill décrit cet engagement dans son témoignage devant le comité sénatorial réuni  « pour faire une étude sur les défis que doit relever la Société Radio-Canada » :

[La Société d’État] est censée « exprimer la culture canadienne et enrichir la vie de tous les Canadiens ». De tous les Canadiens, et non seulement de ceux qui ont les moyens de payer un abonnement en plus des frais de câble ou de mobile.

Je suis convaincue que Radio-Canada est un bien national et que la société d’État a un rôle à jouer, tout comme l’éducation et la santé.

Ceux d’entre nous qui travaillent à CBC/Radio-Canada ont besoin d’expliquer ce dont ils ont besoin pour faire leur travail – ce qui les aide et ce qui leur nuit.

Des coupes idéologiques

En mai 2011, les Conservateurs de Stephen Harper ont constitué leur premier gouvernement majoritaire, et le financement public annuel de CBC/Radio-Canada a été amputé de 115 millions de dollars depuis 2012.

Shelly Glover, ministre du Patrimoine canadien, et d’autres députés conservateurs, dont Rick Dykstra et Joyce Bateman répètent à l’envi que c’est en raison d’une baisse des cotes d’écoute ou du nombre de téléspectateurs que CBC/Radio-Canada réduit son effectif et sa programmation.

Ils veulent faire croire au public que les coupes dans la programmation et les services de CBC/Radio-Canada résultent principalement d’une baisse de recettes plutôt que d’une réduction importante du financement public. Ils refusent d’assumer la responsabilité des coupes qu’ils ont effectuées.

Ce faisant, ils font fi d’un autre aspect essentiel du financement public : CBC/Radio-Canada appartient aux Canadiens. Le financement public est un engagement public à l’égard d’un travail médiatique et d’une programmation canadienne dont les objectifs débordent le champ des considérations commerciales.

Le financement public permet à CBC/Radio-Canada de pouvoir faire son travail, même en l’absence de justification commerciale. On a souvent recours à des valeurs et priorités mercantiles pour dénigrer la radiodiffusion publique, mais les normes qui gouvernent la radiodiffusion publique sont différentes des normes mercantiles.

Coûts-avantages

En 2010 déjà, avant les coupes qui ont réduit encore davantage le financement public, Hubert Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada, recadrait la question du financement public de CBC/Radio-Canada :

On nous fait souvent valoir que nous recevons 1,1 milliard de dollars de financement public et que cela devrait suffire.

Le fait est que, grâce à ce milliard, nous exploitons 28 services et diffusons dans les deux langues officielles et en huit langues autochtones, sur six fuseaux horaires.

La BBC reçoit un financement public de 7,5 milliards de dollars par an, France Télévisions et Radio France touchent conjointement 4 milliards de dollars, l’Allemagne, 10,7 milliards, et PBS et NPR aux États-Unis sont financées par des sources gouvernementales à hauteur de 1,2 milliard de dollars.

Pour livrer aux Canadiens ce que notre mandat nous dicte, nous devons aussi compter sur des revenus commerciaux. […] Aujourd’hui, les revenus commerciaux représentent près de 40 % du budget global de CBC/Radio-Canada.

Il s’agit là d’une vue d’ensemble.

29 $ par citoyen-ne canadien-ne par an pour une radio et télévision canadiennes en plus de services en ligne offerts à l’échelle du pays et  à l’internationale 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 — des émissions locales et de réseau, comprenant une variété de genres dans plusieurs langues.

Mais il convient aussi d’examiner les coupes de plus près. Voici ce que Joan Weeks, membre de la GCM de Sydney, en Nouvelle-Écosse, déclarait en mai 2014 (en anglais) :

Alors, qu’est-ce qui se passe quand on a le même temps d’antenne à remplir et moins de gens pour le remplir? Ce qui se passe – et on commence à le voir très clairement – c’est qu’un grand nombre de nouvelles locales importantes passent à la trappe.

Si, à l’échelle locale, une personne a subi un préjudice de la part de son gouvernement, il se peut qu’en raison d’une couverture réduite, il n’y ait personne pour en parler.

J’adore mon travail à CBC, j’adore mettre les politiciens devant leurs responsabilités… Représentent-ils vos intérêts ou les leurs? C’est important à savoir, qu’il s’agisse de députés à la Colline du Parlement ou de représentants locaux.

Je réitère donc : la radiodiffusion publique, ça concerne le pays dans lequel nous souhaitons vivre – ça concerne la société que nous souhaitons bâtir ensemble.

La campagne de la Guilde en faveur de notre radiodiffuseur national public vise à restaurer un financement public solide et à garantir l’indépendance de CBC/Radio-Canada.

Et pour cela, il est important de parler autour de soi de l’importance de la radiodiffusion publique au Canada – d’en parler à chaque personne de notre entourage, une à la fois – même si c’est difficile et même si c’est contrariant.